Debbie la taupe

Ces derniers temps, entre deux crises de nombrilisme existentiel, j’ai réalisé d’un coup, que travailler de chez moi me filait grave le bourdon, la guêpe africaine, pis encore: le pigeon de Barbès.
Je me suis donc décidée à me sortir la manucure du trou de balle (cette phrase est fort vilaine mais spontanée) et me suis mise à la recherche de bureaux partagés. On est en 2000 ou on n’est pas en 2000? Le ture-fu c’est maintenant, demain il sera trop tard!
L’idée étant de:
#1:

Pouvoir re-dire « je vais au bureau! »

ou non plus « je vais au salon! ».

#2: Sortir de ma galerie (ce qui est drôle si l’on file la métaphore de la taupe et de l’artiste) et m’apercevoir avec effroi, que j’ai le bronzage d’un chicon Belge.
#3: Récupérer des collègues à la machine à café, ce qui est la meilleure combinaison sociale possible.
Adieu donc les tongs et chaussons éparpillés, adieu canapé aux coussins fatigués, salut la nappe constellée de miettes du déjeuner, ciao Madame la vaisselle dans l’évier, hasta la vista le mur de crépis blanc, auf wiedersehen le vortex de la toile dans lequel je me retrouve aspirée telle une eau de fin de baignoire, OUI adieu veaux, vaches, lait, cochons (parce que je paye pour travailler moi, c’est pour vous dire le niveau de galère spirituelle) Mais j’ai eu beau chercher dans la grille tarifaire de la vie, la santé mentale n’a – vraiment – pas de prix.
Parce qu’ici tout est rangé, l’internet est débranché, le café coulé, la standardiste désabusée, parce qu’ici, trônent un grand bureau ergonomique au milieu de la pièce, un fauteuil confort à roulettes et que ce papier peint pêche-cendrée-aztèco-neo-1992 me rappelle que je ne suis pas chez moi, mais bel et bien AU BUREAU! Halléluyah mes frères! Pow pow poooOOooowww!
Bon allez, c’est pas tout, moi j’y vais et si vous me cherchez, maintenant, vous savez où me trouver! Ha ha!
XoXo
Debbie

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